[TTM, IP] Money, money, money

Depuis quelques années, le hobby a bien changé, certains joueurs refusent de signer par peur de revente des cartes signées sur eBay (entre autres endroits) aussi bien par courrier qu’en personne. D’autres monétisent leurs précieuses signatures via des séances organisées par de petits malins.

Cela dépasse largement le cadre des obligations de sponsoring (par exemple John Stockton qui signe bien volontiers tout ce qui est custom ou photos mais aucune trading card officielle). Des joueurs réputés très mauvais client, comme Pat Ewing se prend même au « jeu » à priori assez lucratif. Jugez plutôt cette page Facebook qui se vante d’avoir réussi à lui faire signer une photo d’équipe de la Dream Team…

Alors comme ça, on pourrait croire que nos collections accumulées valent des fortunes. Et bien je vais vous décevoir et rassurer mon assureur. Toute carte signée non authentifiée ne vaut strictement RIEN sur le marché des trading cards. Pire, la carte qui avait une valeur d’échange (gérée par l’organisme Beckett) et même une valeur de vente (souvent régie par les ventes sur eBay) est totalement anéantie. C’est pourquoi souvent, on utilise ce qu’on appelle des « regulars », à savoir les cartes « de base » les moins chères pour faire signer.

Certains collectionneurs n’ont que faire de ces petites stratégies et font signer ce qu’ils veulent… des cartes uniques (1/1), des « jersey » card… ce qui en choque certains, d’autres trouvent par contre que cela rend la carte signée encore plus exceptionnelle et unique. Je suis plutôt du second avis même s’il est vrai qu’il faut savoir faire la part des choses au moment du choix de la carte ou de l’objet à faire signer. Quel est l’intérêt de priver un « hardcore » collectionneur d’un joueur d’une carte 1/1 pour la faire signer par un joueur alors que l’on pourrait faire signer une autre regular aussi ou même plus jolie ?

Quel est l’avenir d’un objet signé, puisqu’il n’a aucune valeur sur le marché de l’échange ? Et bien c’est là où je veux en venir, la valeur marchande est sans doute réduite à néant mais n’entame t-on pas une collection, aussi underground soit-elle, pour la rendre unique et personnelle ? Peut-on dire de quelqu’un qu’il est collectionneur surtout dans notre milieu s’il pense à la valeur de l’objet qu’il est en train de faire signer avant même d’en voir le rendu ? La collectionnite est un sujet sensible et vaste…

Je vois souvent sur des forums américains des jeunes chercher à vendre leurs autographes glânés avant ou après les matchs, ça me répugne et je comprends à terme que les joueurs soient de plus en plus méfiants et cherchent aussi à générer quelques revenus de leurs coups de stylo, pourquoi s’en priver puisque « tout le monde » le fait ?!

On me pose souvent la question « ok bon ça vaut rien mais quand même si Michael Jordan te signe une carte, là, tu fais fortune non ?! »
Et bien là aussi ami, je vais te décevoir, d’une part car il est bien connu que Michael Jordan depuis le chanceux Bruno Gaccio lors de son passage à Nulle Part Ailleurs n’a rien signé en France et ne signe quasiment plus -signe t-il encore ses chèques ???- puisqu’il a un contrat d’exclusivité hyper strict avec Upper Deck.

Ces compagnies qui éditent les autographes « officiels » et insèrent les cartes signées dans les paquets scellés que l’on va acheter -exclusivement aux USA aujourd’hui-, il n’en existe plus beaucoup. Panini a le monopole du Basket US depuis quelques années et pour encore 2 ans. Upper Deck a perdu ce marché alors même qu’ils sont les seuls à faire signer Jordan… dommage, mal joué.

Mais à force de se moquer des consommat… oops, collectionneurs, on se mord la queue, les prix à l’achat des boîtes ou paquets scellés sans arrêt en hausse, des valeurs d’échange de plus en plus bas car le hobby noyé, idem à la revente. Ce qui était avant exceptionnel (une carte autographiée en 1996 se trouvait dans une collection -sur 30 environ existantes avec 4 marques différentes à l’époque qui se partagaient le marché- et avec un ratio aujourd’hui impensable, une carte signée tous les 72 paquets) est maintenant complètement commun… c’est même l’inverse, un « kid » qui ouvrirait un paquet sans avoir ses 2-3 autographes ne comprendrait pas et se détournerait du produit.

Tout l’inverse de nous autres, « vieux cons » nostalgiques du hobby, qui avons connu ces glorieuses années, où le bonheur de la trouvaille rare voulait encore dire quelque chose, tout comme la patience pour construire sa collection. On luttait contre les ratios avec nos petits moyens. Tiens, un peu comme le TTM en fait…

Alors oui, mon graal, ça serait rencontrer Michael Jordan, lui faire signer une carte, si jamais sur un malentendu, il venait à combler mon rêve, quel serait mon intérêt à envoyer cette carte à Beckett (toujours eux) pour faire authentifier -et payer au passage une belle somme- mon autographe ? A qui devrais-je prouver que c’est un vrai puisque de toute façon je ne voudrais pas le vendre ?! A mon assureur ? N’abordez pas ce sujet avec moi… la « collection » est un mot effrayant pour eux et leur expliquer le principe de valeur marchande, d’échange sur des produits si peu connus du grand public, de l’importance de l’offre et de la demande, de la rareté d’une carte alors qu’elle n’a rien à priori de spécial et une toute petite cote d’échange… c’est se faire du mal assurément !

Et au risque de passer une nouvelle fois pour un vieux con, quel serait l’intérêt économique alors que l’on trouve des autographes du goat certifiés par Upper Deck pour environ 200€ ? On pourrait aussi entamer le débat qui fait mal, qui dit que c’est lui (les joueurs en général) qui signe ?

Je reste donc sur mes positions, ma collection d’autographes obtenus en personne ou par courrier a une valeur exclusivement sentimentale. Je passe du temps à la construire mais chaque autographe obtenu correspond à un moment de vie et est lié à un souvenir. Et c’est pas plus mal ainsi !

Stay tuned my friends.
Kheir

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *